The Beast – 1ère Partie

J’arrive au coin de Cumberland street et Lafayette avenue. Plus que 200 mètres. Un courant d’air manque de me déséquilibrer. Si je tombe, je ne me relève plus. Les doigts crispés sur une barrière rouillée, j’avance un pied. Puis l’autre. La douleur me coupe le souffle. J’inspire. Je manque d’air. J’vais étouffer. Si seulement. Si seulement je pouvais étouffer. M’effondrer. Perdre conscience. Connaissance. Ne jamais avoir besoin de me relever. En finir une fois pour toute avec cette agonie qui me hante depuis trop longtemps. Si seulement je pouvais crever, ici-même. Là. Maintenant. A 200 mètres de chez moi. Sur ce trottoir pourri. La mâchoire serrée, la nuque bloquée, le dos tordu par les spasmes, je me débat dans une impasse. Ma jambe droite pend, inerte, sensible comme un nerf à vif. Le moindre mouvement est un supplice, le moindre contact un coup de couteau. Jamais pris de coup de couteau. Je préfère le coup de couteau à cette torture sans fin.
J’ai mal au dos. J’ai tellement mal au dos qu’à cet instant, au coin de Cumberland et Lafayette, à moins de 200 mètres de chez moi, je préférai crever plutôt que de faire un pas de plus.
Le ventre noir d’un nuage titanesque défile dans le ciel de mai. Un frisson secoue mon corps, accompagné d’un nouvel élancement. Encore 200 mètres. 200 mètres. Autant tenter l’Everest par la face nord. Sans oxygène. Ni gants, ni bottes. Autant tenter l’Everest par la face nord à poile et en solo. En janvier. J’aimerai sourire à cette pensée stupide, mais ma mâchoire refuse de se relâcher. J’inspire. Je contracte tous les muscles de mon dos, j’essaye de bouger un pied. 10 centimètres. 10 centimètres de trop. Explosion. Chaire en fusion. La douleur semble éteindre un switch. La nuit tombe brutalement. Un éclaire déchire le ciel. Éventre le titan. Tonnerre.
Un déluge s’abat sur la ville. Sur moi. Les gouttes de pluie se mêlent aux larmes.
Je ne bouge pas. Je pleure. J’attends. J’attends la fin. La fin de l’orage.

Couché sur le dos. Un coussin sous les genou. Dans cette position, la douleur est moins précise, moins intense. Moins dévastatrice. Embrumé par les 2000 mg d’analgésique surpuissant que je viens d’avaler, mon cerveau se relâche. Les messages de douleurs sont diffus. Les pensées peinent à se matérialiser. Pendant un bref instant, j’ai l’impression de n’exister qu’au dehors de ce corps que j’abhorre. De ce dos brisé. De ce dos qui menace à chaque instant de céder. De m’abandonner.
La douleur chronique va et vient. Ça va plutôt bien, puis tu fais un truc anodin: dormir, courir, sauter, se pencher, porter un truc, déplacer quelque chose, éternuer, ou le fameux “faux mouvement”. Tu sens un pincement, un ‘pop’, un élancement. Chez moi, c’est bien souvent le début d’une torture constante qui peut durer un mois. Deux mois. Un an.
Dans mon cas, le diagnostique équivaut à une sentence. Une condamnation à vie. Triple hernie discale. L4/L5. L1/L2. C2/C3. Mes disques intervertébraux éclatent comme des œufs sous la pression des vertèbres. Les débris se glissent dans les canaux qui guident les nerfs, comprimant ces derniers avec une telle force que les nerfs ne sont plus capable de transmettre les informations du cerveau. Il ne transmettent rien d’autre qu’une douleur d’un autre monde. Une douleur aliénante.
Une lourde opération du dos, moins de deux ans auparavant, était avoir sensée « réparer » L4/L5. Ratée. Des mois d’agonie. Des semaines de thérapie. Puis l’opération. Deux séjours à l’hosto, dont 10 jours seul dans une chambre stérile, un trou dans le dos, un drain dans le trou. Drainer le liquide cérébro-spinale qui s’accumule dans les tissus. Au lieu de baigner dans cette soupe salée, mon cerveau est à sec. Le moindre son équivaut à la pire migraine. Les nausées permanentes ont sapé ma force vitale. Mon courage. Ma détermination. Le moindre mouvement déplace le drain. La pointe en plastique pique les nerfs et provoque des chocs électrique le long de ma jambe droite. C’était il y a moins de deux ans. Et aujourd’hui, retour à la case départ. J’ai besoin d’une nouvelle opération. Celle sera bien plus sévère. Le chirurgien veut fusionner les vertèbres L4 et L5. Dans un mois.
Je suis couché sur le dos. Coussin. Genoux. Karen traverse le salon. Son regard m’effleure à peine. On est déjà passé par là. Elle sait trop bien que rien ne peut me soulager. Ni l’amour, ni l’affection, ni la patience, ni la haine. La distance, physique, mentale, est notre gardienne. Notre dernier rempart contre cette séparation qui semble inévitable.
J’ai la trentaine. Je suis brisé.
J’avale 4 vicodines. 8 en moins d’une heure. 32 fois la dose prescrite. La douleur, bien que constamment présente, semble se diluer, se mêler à la longue liste des maux de l’existence. Je roule sur le coté et, à grand peine, je me lève. M’habiller serait comique si ce n’était pas aussi brutal. J’empoche mes clefs, mon phone. J’me casse. Sans un mot pour Karen.

Chez Lola bourdonne comme une ruche. Je vide le 2ème verre de Merlot d’un trait. J’ai envie de parler. Parler douleur. Je me parle de rien d’autre. Depuis des semaines, je n’ai qu’un sujet de conversation. Ce corps qui me trahit. Ce dos qui m’abandonne. Cette douleur qui me consume. Le barman, un pote, m’écoute d’une oreille. De l’autre, il prend les commandes. Un mec immense, brooklyn hipster – jeans, veste, chemise, fedora (borsalino) – tire la porte, pousse l’épais rideau et s’avance vers le bar. Il catch le regard du barman et pointe son index vers la pression. Il tire un tabouret et s’assied à côté de moi. Il déplie la section locale du New York Times, la replie avec la dextérité d’un abonné, et finit par aplatir l’équivalent d’une page A4 sur le bar. Sur le moment, je le remarque à peine. Les 8 vicodines et les deux verres de rouge se combinent en une sorte d’euphorie apathique. Spaceball. Tant que je me bouge pas trop, la douleur est supportable. Supportable parce que j’ai acquis une résistance à la torture. Si j’ai juste mal, tout va bien. Jusqu’ici tout va bien. Jusqu’ici tout va bien. Je vais devoir bientôt renter. Boiter une heure pour couvrir les 500 mètres qui me séparent de mon lit. Une heure de pure agonie, où chaque pas est une déflagration. Un attentat contre ma personne.
Mon corps est mon pire ennemi. Trop de sport, trop de chutes, trop de dommage. Les rayon X et les résonances magnétiques ne mentent pas. Mon dos est cassé. Déformé. L’espoir d’une vie normal enterré. Faire du sport. Skier. Jouer au golf, au tennis, au foot. Courir dans un pré. Porter ces enfants dont je rêve. Enterré.
3ème verre de Merlot. D’un trait. Je parle, encore et encore. Rien à foutre si personne n’écoute. Je fais de mon mieux pour éviter de parler de mon dos. Pas si simple. L’acte de souffrir est inscrit en moi comme une marque indélébile. Je souffre donc je suis. Tout le monde le sais. Salut Steph, comment va le dos? Je connais le refrain. Les gens comprennent. Ce genre de douleur ne se dissimule pas. Certains compatissent. Ils et elles souffrent aussi. Maintenant. Hier. Avant. Un jour. Debout, assis, couché. Nuque, dos, hanche, genou, poignet, cheville, coude. Migraine, hernie discale, torticolis chronique, tendinite. Sciatique. Et s’ils ne souffrent pas, ils connaissent quelque un qui souffre. Un parent, un ami, un proche, un collègue, un boss, un voisin. Un ennemi.
Mon heure est venue. Je demande l’addition.

- C’est pour moi, dit le barman.
- Non, j’insiste…
- C’est bon, vieux. C’est pour quand l’opération ?
- Dans un mois. (pour la dixième fois)
- Putain, mec. Bonne chance si j’te revois plus d’ici là.

J’exprime ma reconnaissance d’un hochement de tête évasif. Ainsi va ma destinée. L’incertitude succède à l’incertitude. (violons) Je laisse un bon pourboire et opère la délicate descente du tabouret de bar. L’effet des analgésiques s’est dissipé. Merde. Ça va chier.

Le géant au fedora m’interpelle alors que je passe à ses côtés.
« Mal au dos ? »
J’acquiesce. Il griffonne un truc sur une serviette en papier.
« Tiens. Lis ça avant ton opération. »
Il me tend la serviette. J’hésite entre deux options:

1) Ta serviette, tu peux te la coller au cul, connard*.
2) Merci.

*La douleur chronique réduit éventail des sentiments. La rage est l’un des rares sentiments à pouvoir briser la surface. Une rage profonde, réprimée. Malsaine pour l’esprit. Malsaine pour le corps.

Je choisis la seconde option. 4 mots sont gribouillé sur la serviette en papier : sarno healing back pain. Le mec ne dit rien d’autre. Je salue du menton et j’empoche la note. Les dix pas qui me séparent de la porte laissent augurer un véritable supplice. Rien de nouveau. Je souffre donc je suis.

27 mai 2007. Je me rappellerai de ce jour aussi longtemps que je suis en vie. Deux ans après ma première opération. Une semaine avant la prochaine. Je ne vais plus au boulot depuis ma dernière sortie, trois semaines auparavant. Je suis en congé maladie. Je passe mes journées couché sur le dos, un coussin sous les genoux, la tête un peu surélevée. Je ne fais rien. Écrire est impossible. Lire me fatigue. La télé me lasse. Je gobe 4 vicodines toutes les quatre heures. J’arrose le tout de saké. Plutôt que d’avoir mal, c’est un peu comme si je rêvais que j’avais mal. Le résultat est le même. Quand je regarde trop longtemps par la fenêtre, j’ai envie de sauter. On habite au 1er. Au pire, je me pète une jambe. Un os brisé ça fait mal. Surtout au moment de l’impact. Puis, ça commence à aller mieux dès le lendemain. L’os se répare. Il ne se brisera jamais plus à cet endroit précis. Pareil avec la peau. Je me suis déchiré le pied dans une vitre quand j’étais ado. Voute plantaire déchiquetée, orteils cisaillés. Une semaine d’hôpital. 56 points de sutures. Deux mois plus tard, je courrai à pieds nus dans les ruelles de Düsseldorf durant my summer of love. Un été magique.
Un os brisé se répare. La peau se répare. Les muscles se réparent. La douleur initiale ne tarde pas à se dissiper. La vie reprend son cours. Le corps humain est une machine sans faille.
Pourquoi mon dos ne se répare pas? Pourquoi j’ai DE PLUS EN PLUS mal? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?

Couché sur le dos. Je ne quitte plus ce lit. Mon existence est comme un filet d’eau qui s’écoule entre mes doigts. En dépit de sa patience légendaire, Karen en a raz le cul. Vivre avec moi est une punition. Elle souffre de me voir souffrir. Elle veut vivre. Je veux crever. Elle espère. Je déprime. La seule issue c’est cette fenêtre. 1er étage. Merde.

27 mai 2007. 18:00, environ. Ma main droite tâtonne en quête de la télécommande. Mes doigts heurtent la couverture d’un livre. Le livre que j’ai commandé sur Amazon. Healing Back Pain. Ces mots griffonnés sur une serviette en papier, par un géant coiffé d’un fedora. Quelle connerie. Ça fait une semaine que le livre traine vers le lit. Je l’ai pas ouvert. Je vais le garder précieusement, ce livre. Et si je recroise le géant-avec-le-fedora, je lui fait bouffer ce putain de bouquin. Quant à l’auteur, un certain John Sarno, je me demande bien qu’elle genre de diarrhée mentale a bien pu l’atteindre pour qu’il ose intituler son livre ‘Healing Back Pain’. Soigner le Mal de Dos. Je n’ai qu’un mot pour lui: connard!

Je tâtonne. Pas de télécommande. Incapable de bouger, même d’un maudit centimètre, j’abandonne ma quête. Je pourrai appeler Karen, lui demander son aide, mais on risque de s’engueuler pour rien. Ça vaut pas le coup.

4 pilules. Deux shot de saké. Le moral passe de 0,2 à 0,4, sur une échelle de 0-100. Durant ce bref instant de bonheur, je me rend compte à quel point je m’emmerde. Je saisis le livre dans l’intention de le balancer à travers la pièce pour me défouler.

“Healing Back Painwithout drugs, without surgery, without excercice, forever.”

A cet instant précis, vers 18:30, le 27 mai 2007, j’ouvre le livre au hasard. Page 50. Hernie Discale. Tu parles de bol…
1) Un nerf comprimé n’émet de la douleur que durant quelques jours. Au pire des cas, après une semaine, le nerf arrête de transmettre.
2) Les ‘débris’ des disques intervertébraux ont la consistance de pâte à dentifrice. Il est impossible pour cette matière de comprimer un nerf.

En deux mots, et contrairement à la légende colportée par la grande majorité des orthopédistes, une hernie discale n’occasionne pas de douleur. Pas de douleur…

Karen pousse la porte de la chambre à coucher.

- Steph, qu’est ce que tu veux mang…
- Quoi?
- Steph! Tu fais quoi assis dans le lit? Je croyais que tu ne pouvais pas bouger?

Assis? Qui est assis? Moi? Moi. Moi…

Je suis assis dans le lit. Assis en tailleur. Cela fait des mois que je ne me suis plus assis en tailleur. Et sur le lit? Mou, instable? Impossible. Mon dos ne me le permettrai pas.

Je suis assis. En tailleur. Sur le lit. Mentalement, je check les différentes partie de mon corps. Nuque? Ok. Dos? Ça va. Jambe droite. Pas trop mal. Au lieu du supplice habituel, la douleur est diffuse. Elle existe, sans pourtant m’envahir. Sans me transpercer, m’assassiner.
- J’ai pas faim. Je dois lire ce livre. A plus.
Karen referme la porte avec la même circonspection que si elle s’était retrouvé face à face avec un kangourou enfermé dans un placard (des fois, Mia, ma ptite fille, se réveille la nuit, terrifiée par le kangourou dans le placard). Quand elle revient, une heure plus tard, je suis toujours assis. Assis sur le vélo d’appartement que je lui ai offert pour noël. Je pédale. Je pédale comme un malade, un sourire incertain aux lèvres. Karen est toute pâle. Fait assez rare pour être noté. Pendant un instant, je me demande si elle ne va pas s’évanouir. Elle se retient contre la poignée de la porte. Nous échangeons un regard interloqué. Les mots, eux, nous ont désertés. Comme si on ne parlait plus le même langage. Comme si ces mois d’agonie nous avait séparé au point de faire de nous des étrangers.
- Regarde.
Je descends du vélo d’appartement. Je me mets à genou, plante mes paumes et mes orteils par terre et je redresse mon corps, le dos bien à plat. Je fais dix pompes. Karen me dévisage intensément. Quelque chose ne va pas. Y a un énorme trou noir dans l’espace-temps. L’univers est en passe de s’auto-digérer.
- Steph? Tu fous quoi?
- J’sais pas. Des pompes.
- Des pompes…
90 minutes auparavant, j’agonisais dans un lit, incapable de bouger, de penser, de vivre. 90 minutes. Un match de foot. Une soirée aux Charmilles. A la différence que les soirées aux Charmilles finissaient toujours assez mal.
- Steph. Ton dos…
Je me relève. Prudemment. Question d’habitude.
- Mon dos? Quoi mon dos?

*******

Le système nerveux sympathique central règne en maître. Le bulbe rachidien contrôle les fonctions autonomes, dites involontaires, telles que la respiration, le pouls et la pression artérielle. Le système limbique, de son coté, est en charge des émotions. Ces deux centres nerveux réagissent à divers stimulus. La connexion est assez évidente. Tu fais du camping. Un grizzli fait irruption dans ta tente. Le système limbique génère une émotion (peur), diverses hormones sont pompées dans le réseau sanguin, les ressources se mobilisent pour un sprint d’anthologie. Les fonctions secondaires, la digestion par exemple, prennent dès lors le rôle de spectateur passif. Fight or flight. Flight, dans notre cas (grizzli) particulier. La faim et la soif attendront. Run Forrest. Run!

Une des spécialités du cerveau c’est donc la diversion du flot sanguin. TOUS les hommes savent cela. Sans “pénétrer” dans les détails, il suffit d’une simple pensée pour qu’un organe singulièrement masculin bénéficie de ce détournement de sang. Sans cela, on aurait moins (pas) de bébés, pas de passé. Pas d’avenir.

Selon le DR. Sarno, la douleur chronique est un mécanisme de défense. Il en est de même pour les problèmes cutanés (acné, exéma, ect…), respiratoires, (allergies, asthme) ou digestifs (brulures d’estomac, ulcère, IBS et autres). L’origine émotionnelle d’une migraines ou d’un ulcère est généralement accepté par le corps médical, ainsi que par la plupart des patients. Il en est de même pour la douleur chronique. Le DR. Sarno va plus loin; la cause de nos peines est non seulement émotionnelle, mais elle dérive d’émotions bien singulières et peu connues : Les émotions réprimées. Chacune de nos pensées génère des émotions. Le stress, l’anxiété, la peur, la rage sont considérées par le subconscient comme dangereuse socialement. La majorité de ces émotions dites dangereuses sont réprimées. Elles ne percent pas la surface de la conscience. Elles existent mais ne s’expriment pas. Cette (sur)charge émotionnelle influence directement notre organisme. L’accumulation d’émotions réprimées conditionne une réponse drastique de la part de notre subconscient. Plutôt que de faire face à cette menace, le système nerveux sympathique détourne l’attention du patient de l’émotionnel vers le corporel. Crises d’acné et allergies, ulcères, migraines, tendinites, etc… Il est aisé pour le cerveau d’accomplir un tel fait. Les allergies résultent d’une réponse disproportionné du système immunitaire. La douleur chronique est la conséquence d’une diversion du flot sanguin. La réduction de moins de 3% de l’afflux sanguin dans un muscle ou un tendon génère une douleur absolument invivable. Une migraine, par exemple, c’est une simple réduction du flot sanguin du cuire chevelu. Idem pour le dos/hanche/genou/coude/épaule/nuque/cheville/pied. La douleur, quant à elle, est bien réelle. La douleur est physique. La cause de cette douleur est émotionnelle.

Une telle découverte explique aisément comment j’ai pu passé du lit au vélo d’appartement en moins d’une heure. Il n’est pas nécessaire de régler ses problèmes émotionnels afin de surmonter la douleur. Rien que le fait de CONNAITRE la vérité suffit à vaincre la plupart des symptômes. Le Dr. Sarno répète souvent cette phrase: The cure is knowledge. La cure, c’est le savoir.

Dans ses livres (HealinBack Pain, The Mindbody Prescription), Sarno liste les sources d’émotions réprimées, causes majeurs de la douleur chronique:

1) Mariage / Divorce
2) Finances
3) Famille (parents, enfants)
4) Travail
5) Vieillissement

En réalité, la liste est bien plus longue. Un mariage, source de joie et de bonheur, est une des causes principales d’émotions réprimées. Incroyable, mais vrai.

Mais Sarno mentionne aussi que certains type de personnalité se prêtent plus à ce phénomène que d’autre. Le perfectionniste, l’ambitieux et le “people pleaser” souffrent plus que les autres. L’auto-critique et le manque d’estime de soi contribuent directement aux émotions réprimées. Ne pas savoir dire non, pareil.

Le meilleur traitement contre la douleur chronique c’est de lire un des livres du Dr. Sarno. ‘Healing Back Pain‘ traite avant tout des problèmes de dos, ‘The Mindbody Prescription‘ est plus général. Ces livres ne sont pas (encore) traduit en français. Ils sont disponible sur amazon en anglais, en espagnol et en allemand. La liste suivante est une partie intégrante du traitement:

  • La douleur est due à TMS**, et non à des anomalies structurelles
  • La raison directe de la douleur est légère privation d’oxygène
  • TMS est une maladie inoffensive, causé par mes émotions réprimées
  • TMS n’est là que pour détourner mon attention de mes émotions
  • Mon dos va bien, il n’y a rien à craindre
  • L’activité physique n’est pas dangereuse
  • Je dois reprendre toutes les activités physiques
  • Je ne serai pas intimidé par la douleur
  • J’ai l’intention d’être en contrôle – pas mon subconscient
  • Je dois penser à tout moment psychologique, pas physique

Les références suivantes sont disponible sur internet.

J’ai moi-même acquis quelques techniques de traitement super efficaces au court des années. Je serai ravis de partager mes expériences avec quiconque intéressé. Contactez-moi à l’adresse suivante.

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- Quoi mon dos?
- Tu boites, Steph. T’as mal?
- Un peu.
- Sarno**?
- Oui.

**Sarno, c’est le nom que mes proches et moi avons donné aux divers maux liés à ce phénomène. Sarno nomme cela TMS (Tension Myoneural Syndrome).

Il y a quatre ans, je me suis levé de mon lit et je suis monté sur le vélo d’appartement. Depuis, je ne souffre plus. J’ai mal à la hanche depuis mon ptit voyage sur la côte ouest. J’ai eu vachement mal au dos quand Mia est née. Une dispute avec Karen va certainement occasionner une réponse physique. Idem pour le boulot. La douleur est réelle. C’est un signal. Le signe qu’il est temps de penser “psychologique”. Le signe que mon réservoir d’émotions réprimées est en passe de déborder. Par le passé, cela signifiait le début d’une crise majeure, une agonie qui pouvait durer des semaines, des mois. A deux reprises, la seule solution qui m’a été offerte par les docteurs était une lourde opération chirurgical. Aujourd’hui, la douleur se manifeste autrement. J’ai mal, mais je ne souffre plus parce que je n’ai pas peur. Je sais que mon dos est normal, que ma hanche va bien. Quelques jours de traitement, et la douleur se dissipe. Pas besoin de changer de vie, de changer de femme, d’enfants, de famille, de boulot.

The cure is knowledge.

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J’ai longtemps cherché le géant avec le fedora. Pour lui dire merci. Pour lui rouler une paloche. Ce mec m’a sauvé la vie. J’ai fini par lui mettre la main dessus dans le même bar où tout à commencer. Il s’appelle Shannon. Il est photographe. C’est le petit ami de Charlotta, la propriétaire du bar. Je lui ai expliqué qui j’étais, le mal de dos, les quatre mots sur la serviette en papier, bla-bla-bla. Il m’a fait “Ah. Ok.” Comme si c’était la moindre des choses. Son détachement m’a un peu refroidi. Rouler une pelle à un mec, c’est déjà pas trop mon truc. Rouler une pelle à un mec de deux mètres, encore moins. Mais rouler une pelle à un mec de deux mètres qui semble complétement indifférent, niet-niet. J’veux pas me prendre une mandale. Grâce à lui, j’ai annulé mon opération. J’ai évité l’hosto. Je n’irai pas à cause de lui.

Shannon m’a sauver la vie parce que c’était vachement facile. Quatre mots sur une serviette en papier. Il a eu raison de me tendre une serviette plutôt que de se lancer dans une longue théorie parce que s’il avait essayé de m’expliquer cette histoire d’émotions réprimées, je lui aurai rit au nez.

Depuis, je fais pareil. Je parle de Sarno à qui veut bien m’écouter. Appelez cela du prosélytisme. Je m’en fous. Si je peux sauver une vie, tout comme ce mec à sauver la mienne, ben ça vaut le coup.

J’aurai pu me contenter de quatre mots.

J’ai préféré quatre mille.

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